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LE CADUCEE HERMETIQUE ET LE MIROIR (parties I & II )(sources web multiples)

 
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Arathos
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MessagePosté le: 2017-11-20, 13:36    Sujet du message: LE CADUCEE HERMETIQUE ET LE MIROIR (parties I & II )(sources web multiples) Répondre en citant

LE CADUCEE HERMETIQUE ET LE MIROIR
ABRAXA
Tout ce que nous enseignons est illusoire si cela ne se traduit pas par une pratique et par
un acte.
On va te communiquer les directives concernant les premières opérations qui vont dans le
sens de la voie, que tu connais pour ce que je t’en ai dit précédemment.
Tu dois avant toutes choses maîtriser un trait de ta vie, de ta journée afin de fixer
solidement et activement une nouvelle qualité.
Détache-toi intérieurement de toi et de ce qui t'entoure, et essaye d'avoir une vie sobre,
sans effort, sans excès, neutre et équilibrée. Dors assez et dans l'alimentation soit modéré.
Que ton corps soit intact, calme, harmonisé. Fortifie ton âme avec ta puissance, épure-la
de l'impulsivité, de la passion, de l'agitation, puis fixe-la et amalgame-la dans ton corps.
Les autres êtres n'existent pas. Leurs actions et leurs pensées ou jugements ne te
touchent pas – quelqu’ils soient.
Fais en sorte que rien ne puisse pénétrer en toi à ton insu : surveille, ce qui vient de
l’extérieur et ce qui émerge des profondeurs de ta propre conscience.
Observe en silence avec intelligence et imperturbablement, avec une main rapide et
énergique freine tout jugement.
Si des passions te perturbent, ne réagis pas et ne te trouble pas. Conduis-les au contraire
délibérément à satisfaction et ensuite sépare-t-en.
Continue sur cette direction jusqu'à réussir à ressentir la frivolité, l'inutilité et les pièges de
chaque pensée, de telle façon que même ton mental peu à peu s'aplatisse et vienne s'accroupir
en silence à tes pieds.
Ainsi tu mettras lentement sur pied une force qui te sera propre, semblable à un seigneur
dont le regard impose le silence, le respect ou le mépris aux esclaves qui l'entourent.
Ceci est notre or : ☉
Quand tu auras travaillé tout ceci avec un art subtil et constant, avec force et douceur ;
quand le stade équilibré et neutre sera devenu une chose permanente et naturelle, alors tu
auras l'impression de te rejoindre dans un sens d'intériorité dont tu n'avais aucune connaissance
auparavant.
Observe cette sensation et entretiens-la. Lorsque tu t'en seras appropriée entièrement,
avec un acte intérieur sur lequel je ne peux rien te dire, parce que tu l'apprendras seul après
l'avoir découvert, cherche à la mettre en connexion avec le corps de telle sorte que, comme la
chaleur dans l'eau, elle s'y répande et à la fin des deux il ne résulte plus qu'une seule chose,
qu'un seul état.
Cet état est l'état fluidique.
Et l'opération dans notre tradition est dite : la première extraction du mercure (de l'Hermès
☿) de la minière.
Garde bien ta conscience, cet état, immobile, avec une fermeté calme. Puis laisse-le aller,
puis ré-évoque le, à plusieurs reprises : étudie-le, apprend le, jusqu'à ce que tu le ressentes
comme une réalité qui attend dans le subconscient, prête à surgir à ton appel. Quant tu auras
conquis ce point, sois certain d'être allé suffisamment loin.
Je ne te parlerai pas des différentes propriétés du corps fluidique en fonction des
différentes opérations, sauf sur la première desquelles je t'instruirai. Sache seulement que
chaque rapport sexuel qui sera dominé par la soif de la volupté le paralysera, le rendra inerte et
faible - surtout chez les tempéraments nerveux.
Sache qu’il est dynamisé par le régime végétarien1, par le jeûne, et aussi par les parfums
magiques, comme le précise un de ses noms, qui est "le corps aromatique" et, dans un de ses
1 Une loi occulte veut que toute énergie d’un être qui dans cet être n’est pas en action, constitue un
poids et un empêchement à toute opération initiatique. Il y a dans l’homme des forces organisatrices
particulières dont l’aliment est absorbé et transformé. Puisque allant du monde minéral au monde humain
aspects particuliers, "vampirique". Sache que chaque déséquilibre ou émotion imprévu qui
survient quant la conscience est en rapport avec lui peut produire des dommages, même
graves, dans le physique comme dans le psychique. Sache enfin que ces vertus vont s'affiner
par l'intermédiaire d'une discipline spéciale.
Je te donnerai un indice supplémentaire sur celle-ci afin que tu puisses comprendre le
sens de l'éducation initiatique du sentiment.
Tu ne dois pas détruire le sentiment, mais tu dois détruire ton adhésion à celui-ci, c'est-àdire
la volupté, le désir et l'aversion, l'angoisse dans le sentiment. Purifie-toi de telles scories :
libère-toi des liens du coeur. Sois, dans la perception, ouvert, libre, sans peur et sans
mesquinerie.
Comme une eau claire, ne bouge pas, laisse apparaître les choses qui sont au fond, ainsi
qui ne sont plus identifiées avec les sentiments, accueille-les et observe-les comme tu le ferais
pour des choses du monde extérieur. « Comme je ne suis pas l’aliment que je mange, de la
même façon je ne suis pas les sentiments que je laisse retentir librement en moi-même – ils ne
sont pas à moi, ils ne sont pas moi. Cette évidence naît en toi.
Seulement à ce moment les sentiments pourront te parler – quand tu cesseras d’être leur
captif, occupé seulement à jouir et à souffrir. Ils te révéleront un nouvel organe des sens au-delà
de ceux des animaux, « objectif » par rapport à ceux-ci bien que tourné vers un aspect plus
subtil de la réalité. Eduque ce nouveau sens avec l’attention intérieure, tournée vers l’oreille du
coeur : rend-le raffiné. Au centre de toi-même, comme une araignée qui tient tous les fils de sa
toile et qui contrôle chacune de leur vibration, sois un maître et une lucidité calme et scrutatrice
au centre d’une sensibilité parfaite, purifiée et intrépide, ouverte à toute voix.
Cette éducation du coeur, que tu feras par « persuasion », avec un « feu » lent et doux,
infusera dans ton corps fluidique un pouvoir de connaissance supra sensible. Elle réalise une
« eau distillée », une eau transparente consacrée par le signe de ta neutralité qui la domine :
2
Arrivé à tout cela, tente la libération du pouvoir central ☉ et la rencontre avec le serpent.
Ceci arrive quand la conscience de ton « je » saurai se transférer dans le siège du corps
fluidique et celui-ci se sera détaché des sens animaux et s’isoler en conséquence du monde
physique.
Les techniques utilisées sont diverses. Méprise la prudence des petites méthodes de
« méditation », qui rarement sont capables de te conduire – réellement et pas dans ton
imagination – dans les marais des formes mentales et dans la prison du cerveau. Adresse-toi
aux méthodes directes. Utilise par exemple le « miroir. »
Pour isoler le corps fluidique il faut que tu neutralises et que tu rendes inerte la sensibilité
du corps animal. La technique du « miroir » agit sur le nerf optique et le fatigue jusqu’à ce que la
puissance concentrée dans le regard se libère de l’organe physique et se réalise dans la lumière
fluidique3.
Procède ainsi. Trouve-toi une chambre bien propre, si possible en dehors de l’atmosphère
agitée et trouble des grandes villes, à la campagne, en un endroit où de loin règne le silence et
où nulle ne viendra détourner ton attention. Ferme-toi hermétiquement. Les nuits sèches et
sereines sont les plus propices. Ne porte pas de vêtements qui enserrent le corps et fais que ce
on a une matière sans cesse plus organisée, dans la nutrition des végétaux, entrent en action des forces
qui ne se manifesteront pas dans l’alimentation des animaux. C’est ainsi que l’aliment végétal est
favorable à un plus grand degré de présence et de dynamique fluidique. De plus, il évite le danger de
certaines infections psychiques, qui autrement ne peuvent se résoudre positivement qu’en appliquant le
feu interne dans un travail spécial de transmutation, qui tend à transformer les « venins » en un « suc
vital. » (N. d. U.)
2 L’église catholique conserve divers symboles susceptible d’avoir une signification ésotérique. Par
exemple le « coeur » que Jésus « tient à la main » surmonté d’une croix et entouré de flammes, il suffit de
le styliser légèrement pour que l’on ait précisément , un signe alchimique qui a la signification sus-dite.
Et son « flamboiement » se rapporte à « l’ignification de la lumière astrale » laquelle a un sens très
différent que celui supposé par les dévots.
3 Notons l’identité de but avec la technique yogi du pratyâhâra, qui consiste à fixer un point donné
de son propre corps ou hors de lui. (N. d. U.)
dernier ne soit pas surchargé par le poids des aliments Brûle un peu de myrrhe, la fenêtre
ouverte, puis une plus petite quantité la fenêtre fermée, puis assieds-toi devant le miroir.
En ayant nettement exprimé ta volonté, évoque à plusieurs reprises, de façon persuasive,
l’état fluidique que l’inspiration lente et profonde du parfum rendra plus vive, et lie-le étroitement
au sens dont la « présence » et la supériorité impassible soit capable de commander4. Fixe donc
le miroir.
Le miroir peut être de verre, voire même d’acier, de cuivre ou de bronze, concave de toute
façon, ainsi il pourra rassembler en un point central la lumière d’une lampe située de telle sorte
que l’opérateur ne la voit pas et que tout reste dans une pénombre à l’exception du miroir5. Fixe
donc ce point sans battre des paupières, jusqu’à ne voir rien d’autre. Insiste. Ainsi il se changera
en un point noir. Le point noir s’élargira en une tâche bleuâtre qui deviendra ensuite une auréole
d’abord imprécise, puis blanc laiteux. Encore un pas et de cette lueur s’épanouira en une rapide
expansion une clarté illuminée, une lumière qui donne une sensation de liberté e de fraîcheur.
C’est le seuil du suprasensible, le premier contact avec la « Lumière Astrale », là où sur le
noyau subsistant de la psyché, cessent de se graver, par définition, les conditions auxquelles
sont astreints les êtres incarnés qui sont au fond des « Eaux. »
Je t’ai déjà dit : fixe. Ceci est tout, ceci est rien. C’est un mot qui renferme une longue
tentative, un chemin incertain, construit par l’art secret des consciencieux, subtils et prudents
dosages, combinaison et équilibre de l’actif et du passif, du sensitif et du déterminatif de l’âme.
Je peux te dire peu de chose sur ce sujet, pour t’aider. Tu dois faire toi-même ton chemin et tes
jambes pour marcher.
Sois ton propre regard, sans effort, sans volonté apparente, comme celui qui est en train
de s’endormir doucement (un feu sous les cendres.) Laisse-le fixe, puis abandonne-le, essaie
de ne plus y penser et oublie-le. La vue est le point de départ mais en vérité, toute ton âme sera
agissante dans l’opération, et la fixation du regard, seulement un moyen pour se fixer ellemême.
Intensifie l’abandon en l’aimant, en y condescendant, en le fortifiant avec une douce
obstination jusqu’à ce qu’il soit devenu une chose continue qui ne cherchera plus à se soustraire
à ton désir de le chasser encore plus profond. Par ailleurs, tu dois garder une présence à toimême
subtile et tenace – toi, comme un simple point qui n’est pas limité par la peur, qui sait se
garder et en se gardant qui n’entrave pas le sens de l’abandon, qui l’éloigne de l’abandon par
échappement et dissolution, et dans le chemin, sans se disperser mais en renaissant avec
l’expérience inattendue d’une plus grande limpidité, simplicité et force. Ici apparaît une première
conjonction de soufre et de mercure, de la Lune et du Soleil ; tu connais donc l’oeuvre en tant
que première préparation du Caducée d’Hermès.
Les obstacles – en faisant abstraction de ceux qui interviennent quand tout est accompli –
sont dans un dosage excessif ou déséquilibré du Mercure et du Soufre. Je t’ai parlé de la
préparation qui doit rendre ta nature corporelle calme, malléable et harmonieuse. Maintenant tu
dois prendre cette nature avec douceur et la conduire à l’opération sans qu’elle s’en rende
compte. Si par impatience et maladresse, tu es excessif dans la force, elle réagira, se libèrera
de toi et voici que brutalement tu seras projeté à ton point de départ. Ces réactions instinctives,
au début sont inévitables ; mais elles ne doivent pas te décourager : recommence avec un esprit
neuf, à la même heure, insiste subtilement – Eliphas Levi dit : comme « la vague qui revient
sans cesse et finit par ronger même le fer. »
Aux réactions et aux alarmes instinctives de ton corps, succèderont celle de ton esprit pas
assez trempé. Il t’arrivera de ressentir comme des défaillances, un genre de chute brutale, c’est
pourquoi tu sursauteras, tu te retiendras rapidement – et de nouveau tu retourneras au point
antérieur6. La voie te sera fermée tant que tu n’auras pas éveillé en toi une promptitude encore
4 Ceci réussit encore plus organiquement et directement si on travaille cette translation dans le sens
de soi vers le coeur, dont on a parlé dans le précédent chapitre. (N. d. U.)
5 On peut trouver divers détails techniques utiles sur la construction et l’utilisation des miroirs
magiques dans P.B. Randolph, Magia Sexualis, Paris, 1952, pages 133-215.
6 Remarque, lecteur, l’analogie avec ces sursauts qui souvent se produisent sans raison apparente
au moment de l’endormissement ; en effet, dans le sommeil survient un naturel, involontaire, inconscient
détachement du corps fluidique, à la suite duquel succède un état de passivité du Je face aux forces
auxquelles il doit sa propre vie et qui, dans le sommeil prennent leur place. A qui comprend, cette
plus grande avec laquelle de façon foudroyante tu arrêteras la première réaction bien que celleci
puisse intervenir pour suspendre le détachement fluidique. L’erreur opposée est dans la
possibilité d’un abandon dans l’abandon qui dissolve la présence à toi-même. Ceci ferait tomber
du monde des Mages dans le monde des médiums et des illuminés, du monde des suprasensibles
dans le monde des sub-sensibles. Chez le médium, le centre se dissout et sa
conscience glisse vers le bas, elle s’immerge dans le corps, elle devient la même que celle du
corps. Il est sous la pleine dépendance du corps et ce qu’il expérimente, ce sont les
affleurements et les « projections » des tendances troubles et des forces élémentaires qui sont
contenues dans son organisme. Le signe de cette perversion et de cet échec de l’opération est
une sensation de fatigue mortelle qui te saisira à peine tu seras revenu à un état normal : parce
que d’autres forces se seront nourries de ta propre force.
Créer une prépondérance toujours plus décidée du centre intellectuel sur la sensibilité
périphérique en contact avec le monde extérieur et par conséquent sur les éléments organiques
et subconscients en général, tel était la tâche de la « préparation » indiquée au début de cet
écrit. Cette prépondérance conduit au stade dont je t’ai parlé =  où l’esprit se rejoint avec soimême
et réalise l’expérience d’une indépendance, subsistance et supériorité par rapport à tout
ce qui est corporel et animal. Quand dans ta fixation, rendue continue et intensifiée de façon
intrépide sur la direction interne, arrive le détachement du corps fluidique, c’est une chose qui
arrive peu, tu dois rester ferme, absolument, dans cet état pur, immatériel, extra-cérébral de
l’esprit et du « Je. » Si tu n’en es pas capable, survient l’état médiumnique et somnambulique
dans lequel le corps fluidique libéré est privé du noyau central et devient un instrument passif du
monde inférieur.
Par contre si tu dépasses activement le point neutre, tu réaliseras dans la « Magnésie des
Sages » la « Renaissance de l’Esprit. » Je veux dire que du noyau d’or de ton esprit intégré,
rassemblé et un = , s’épanouira une lumière intellectuelle, dans laquelle tu réaliseras un sens
qui te sera nouveau, puissant, transformé. Tu verras. Tu seras éveillé.
Philalèthe nous dit (Introitus, chapitre I et XIII) : « Pour notre or ( = soleil qui est le noyau
éveillé et constitué par la préparation) il se passe la même chose (que pour la graine) ; tout
d’abord il est mort ou, plutôt, sa vertu vivifiante est cachée sous la dure écorce de son corps…
Dès qu’il est mouillé de notre Eau (qui est le ☿, le fluidique), il renaît, reprend vie et devient l’Or
des Philosophes… Le fixe =  devient volatile pour un certain temps afin d’hériter d’une qualité
plus noble qui lui servira ensuite à fixer le volatile. »
Avec cette expérience, ton « Je » laisse donc le véhicule animale, esclave des « eaux », et
prend un corps fluidique ou « corps d’air » -- par l’organe d’action, avec lequel et avec les
déterminations qui conviennent il lui est possible d’opérer de multiples et admirables oeuvres. Et
si en reprenant le corps animal tu rencontrais des difficultés, rappelle-toi, le moyen est : en
évoquer l’image et la désirer.
Pour le mage, il est question de sortir d’une façon ou d’une autre de l’atmosphère
d’esclavage et d’ivresse qui est « l’âme de la terre » ; entrer dans un contact conscient avec le
monde de là-bas et de là agir activement, en dirigeant de façon convenable des réactions et des
effets sur la vie réelle. Son esprit – dit Kremmerz – est comme une flamme qui monte et qui
descend : il sait remonter à la surface du courant des « eaux », consacré dans « l’air », il lui est
virtuellement dévoilé la possibilité de soumettre les êtres qui dépendent de ce même courant,
lequel apparaît maintenant comme la « Lumière astrale » elle-même7.
Je t’ai donné une voie. Essaie comme je te l’ai dit avant de penser à une quelconque autre
opération. Ne crois pas que la tâche soit facile ni dépourvue de danger, n’en attend pas quelque
chose dès les premières tentatives. Si tu es constant et maître du doute, tu réussiras. Ose et
tais-toi.
analogie, on peut offrir les directives pour une deuxième méthode. Rappelons-nous que dans le chapitre
précédent Meyrinck ha précisément dit que tout le secret est dans le fait de se rendre compte de la forme
de son propre Je, de sa propre « peau », plongés dans le sommeil ou, mieux, dans le moment du
passage dans le sommeil.
7 De cet enseignement, entre autre, résulte le sens du symbole de « l’oiseau », animal qui « vit
dans l’air » -- et du « poisson », animal qui se meut librement dans les « eaux. »
La force la plus importante est la volonté de l’homme qui sait ce qu’il veut. Fixe donc ton
but et n’en change jamais. Une fois commencée, n’abandonne pas sans une raison précise
parce que, comme je te l’ai déjà dit, la voie de la Magie ne connaît pas « d’angles morts » :
penses-y avant d’y entrer.
SYNTHESE
(Hors texte)
Il y a un corps de l’eau collé au corps de terre, c’est notre centre de gravité (eau + terre). Il y a
une autre partie composée d’air et de feu, mais il y a rupture entre les deux tronçons de la
pyramide (cf. le document « l’invocation Angélique, Théorie »).
La préparation est aussi une séparation, on sépare la terre de l’eau, cela se réalise
par un travail d’attention constante, mais sans excès ou maltraitance, avec équilibre,
sobriété, un jeûne sans excès (on utilise la force de l’eau, forte par sa douceur et sa
constance et non la volonté martiale qui est la force de l’ego).
1ère étape :
Observe en silence et imperturbablement. Cette observation a pour effet de
ressentir la frivolité de l’agitation, des affects qui viennent du dehors. A ce stade on
commence à ressentir une sensation de calme et une force intérieure (recentrage, se
tenir dans l’Axe). C’est une préparation, rien n’a encore été transformé, c’est la
séparation du corps de terre et du corps de l’eau (émotion, angoisse, traumatisme) qui
permet au corps de terre de refleurir (la démarche à ce stade est thérapeutique).
2ème étape :
Cette étape consiste à rendre cet état constant (fixation). C’est la première
extraction du Mercure (Hermes, le centre) de la minière (la grotte, l’ensemble de notre
être).
3ème étape :
L’éducation du coeur. C’est l’action d’un feu lent et doux, on est comme une eau
claire ou l’on voit les vagues d’émotion comme quelque chose qui n’est pas soi, qui n’est
pas à soi, et cela aboutit à la découverte d’un état de conscience objectif. Là nous
découvrons un nouvel organe des sens dont l’homme dispose mais pas les animaux.
Cette éducation du coeur produit une eau distillée et en même temps un moyen de
connaissance supra-sensible.
4ème étape :
Libération du pouvoir central et rencontre avec le serpent.
Cela consiste à isoler le corps fluidique, et pour cela il faut rendre inerte la
sensibilité du corps animal (corps de terre). L’exercice du miroir magique permet de faire
l’expérience de la lumière astrale (perception du corps de feu).
A ce stade, toute la difficulté consiste à fixer cet état qui devient ensuite comme un
feu sous la cendre. A ce moment là, on a réussi à joindre le corps de feu et d’air avec le
corps de l’eau. (C’est la conjonction de la Lune et du Soleil, ou la conjonction du Soufre
et du Mercure ou Caducées d’Hermes.
A ce stade il y a deux obstacles ;
- Trop de Soleil (volonté de parvenir), dans ce cas cela brusque notre nature et elle
se révolte (tout est à recommencer).
- Trop de Lune (abandon dans l’abandon), dissolution en soi-même, état
médiumnique.
La est réalisée la Magnésie des Sages (l’aimant qui attire le feu, le Sacré Coeur).
LA SECONDE PREPARATION DU CADUCEE HERMETIQUE1
ABRAXA
« Crée-toi une image et regarde-la. Dans l’obscurité, habitue-toi à voir avec une
lumière qui ne soit pas la lumière sensible » – par ces mots, je t’ai déjà indiqué le
premier secret de l’OEuvre. Puis, avec la pratique du miroir je t’ai dit comment tu peux
détacher entièrement le sens de la vue du monde physique et de l’espace extérieur –
et l’utiliser dans la lumière éthérique.
Ceci est le début. Dans la vie de tous les jours, bien qu’éveillé en parfaite
conscience, savoir ne pas voir et voir simultanément – ne pas voir dans la lumière
visible et voir dans la lumière invisible, à volonté – c’est la perfection de ce
commencement dont disposent les Adeptes.
Sache cependant que notre but n’est pas l’extase passive de celui qui voit et
perçoit les manifestations, mais la capacité de les diriger, d’y projeter sa propre force,
de les créer et de les détruire en provoquant des effets sur le monde physique et sur
les êtres qui l’habitent.
Le second pas de l’Opus Magicum est celui-ci. Deuxième préparation du
Caducée hermétique – nous l’appelons ainsi.
Toute réalisation magique implique un principe actif, sec et fixe qui agit par
sympathie sur un principe passif, humide et volatile ; c'est-à-dire une « projection »
sur le véhicule d’un vêtement de feu sulfureux, encore appelé souffle et eau ardente.
Il faut avant tout préparer avec l’Art ces deux éléments ou principes dans notre
« vase philosophique » hermétiquement fermé.
Je te rappelle ce que veut dire la « fermeture hermétique » : mets un gardien
aux portes des sens, et : Silence. C’est le silence initiatique, il ne s’agit pas
seulement de ne pas parler, mais de ne pas parler (même pas à soi-même), de ne
pas entendre et de ne pas lire – Détache-toi mentalement de l’ambiance en réalisant
que nul ne peut ou ne doit t’offenser : « les choses injustes n’arriveront pas à
entamer mon équilibre. »
Les mages affirmant ensuite que le « vaisseau » doit être de verre limpide et
extrêmement résistant, comme la persévérance doit être tenace, ils veulent indiquer
que dans ta conscience ou « laboratoire », tout doit être transparent. Tu dois savoir
voir clairement et nettement en toi comme à la lumière du soleil, réaliser
l’impossibilité absolue d’une quelconque insincérité avec toi-même.
Le principe actif masculin est toujours notre Or , mais de plus en plus exalté,
dissous et fixé.
Rappelle-toi sa première préparation. C’est l’apaisement, l’unification et la
domination de l’âme, siège des sentiments – c’est le calme énergétique de l’être
supérieur à toi-même – c’est le noyau qui dans l’atmosphère enivrante de « l’âme de
la terre » sait résister à la passion en restant ferme dans l’impétuosité impure des
« Eaux. » Eliphas Lévi (Dogme et rituel de la haute magie) te dit : le mage pense et
veut – il n’aime rien par désir et ne repousse rien par passion. Le mot passion
désigne un état passif, alors que lui est toujours actif et victorieux. Un mage
amoureux, jaloux ou avare est un non-sens. Le plus difficile est d’atteindre cette
1 Traduction PB d’après Introduzione alla Magia ; Volume I ; (ed. Mediterranee Roma)
réalisation, car lorsque le mage s’est créé lui-même, le Grand OEuvre est
virtuellement accompli, dans son principe essentiel. Le « Grand Agent Magique »,
médiateur naturel de la toute puissance humaine, ne peut être asservi et dirigé que
par un principe surnaturel, lequel est une volonté indépendante.
Kremmerz rajoute : crée un état de neutralité parfaite, d’indifférence positive, au
moyen de ton complet équilibre. Fais-toi supérieur au bien et au mal, car de ta
neutralité par rapport à l’un et à l’autre effet, dépend ton état équilibré continu et le
pouvoir de développer toutes les forces subtiles et de t’en servir dans tous les sens.
Quant à la « seconde préparation » de notre Or, tu peux l’obtenir par voie
régulière par consécration ou investiture, ou bien avec le secours des vinaigres
philosophiques et des eaux corrosives, si tu sais, et si tu es capable de leur résister.
Je te dis cependant que, du fait de certaines conditions spéciales, tu peux l’exécuter
même par le moyen de la cruauté et de la souffrance.
Provoque froidement et maintiens pendant un nombre précis de minutes une
souffrance physique : reste face à elle, puis fais-toi plus fort, jusqu’à pouvoir la faire
disparaître.
Violente-toi. Ne fais pas ce qui te plaît mais ce qui te coûte ; prend toujours par
principe, la ligne de plus grande résistance. Déplace le plaisir naturel pour tel ou tel
objet au plaisir de « l’avoir voulu. » Conformément à une antique formule de notre
Tradition, qui prescrit pour « dissoudre » un « métal » de le faire chauffer à blanc et
puis de l’immerger dans l’eau. Excite, exalte, exaspère un instinct, une pulsion, une
envie et puis, brusquement, au moment auquel celui-ci croit atteindre la satisfaction,
suspend-le. L’oeil suprasensible « voit » alors des éclairs se détacher des centres
inférieurs et courir en serpentant jusqu’à rejoindre les centres supérieurs de la tête
qui, en absorbant leur force, se mettent à resplendir d’un éclat redoutable. Puissante
et sèche, cette vertu qui leur appartient, est la vertu dorée du commandement absolu
et de la conception absolue des réalisations magiques.
Parfois elle suffit à la préparation de l’Or. Maintenant je traiterai du deuxième
principe, lequel est la force astrale, l’être fluidique même. Selon l’importance des
opérations les mages agissent avec l’être fluidique de leur corps – ou bien avec l’être
fluidique d’une chaîne magique – ou avec l’être fluidique qui est un esprit
élémentaire, un pouvoir du cosmos (anges, génies.) En plus, les procédés de magie
sexuelle. Pour l’instant, il te suffit de porter ton attention sur ce qui regarde les
opérations de la première classe, dans lesquelles, même le principe des autres est
compris.
L’acte magique est un acte de fluidification concrète de la volonté, une
conception immaculée androgyne dans laquelle la force fluidique sous l’action
inspirante et masculine du principe solaire agit comme féminine dans la réalisation
créative. On t’a déjà parlé du sens du corps fluidique et comme lui, dans la première
composition du Caducée, il s’extrait du corps physique. Mais de la même façon que
dans la deuxième phase de l’opération il est demandé une exaltation de l’Or qui
devra absorber les vertus plus fortes et sèches de « l’Acier des Sages » ; de la
même façon il est demandé, pour le fluidique, un deuxième régime appelé
« ignifugation de la lumière astrale. »
Le corps fluidique au premier stade est = eau distillée, encore appelée
« matière au blanc » ou « lavée » et d’après Della Riviera (Le Monde Magique des
Héros, Milan, 1506, p. 56) : « Eau très limpide, immobile dans son vase transparent
et brillant. » C’est une sensation immatérielle, lumineuse, calme, suspendue et
indépendante, extraite par l’immersion de la conscience dans ce qui dans sub specie
interioratis correspond au système nerveux. Mais maintenant tu dois aller vers une
jonction magique plus profonde avec le corps physique, en faisant descendre ta
conscience, voire à « l’amalgamer » avec ce qui est le système sanguin, le sang de
l’homme – et ainsi tu obtiendras le fluidique comme « matière au rouge. » Ceci
est « l’eau de vie », l’eau ardente ou sulfureuse, « parce qu’elle brûle réellement,
visiblement et invisiblement, activement et passivement » ; magnesius magnensis
dans l’explication donnée dans « le Grand Livre de la Nature », de « poudre
philosophale ou de projection faite du sang humain », dans l’explication donnée dans
le même livre, de « sang humain pour faire la lampe de vie » ; Auri aura, comme ce
vent suave qui, suivant la « Table » d’Hermès, porte dans le ventre la « pierre
héroïque » ; le « lait de vierge » qui nourrit le germe solaire et divin, c'est-à-dire ce
qui est intact, occulte, non agissant, au centre du centre ; et par son intermédiaire,
menstrue ou solvant universel selon sa vertu ignée, l’art magique ou « héroïque » est
porté à l’action (voir Della Riviera.)
« L’ignifugation » ou rubedo consiste donc à se réveiller en – ou s’immerger
en – le feu interne et occulte ou soufre , qui réside dans le coeur ; avec laquelle
opération , qui est le mercure passif et féminin, lumière de la Lune et chaste nudité
de Diane, se transforme en , qui est le mercure actif et créatif, car, en ayant en
tête que = soufre se compose de et +, ce mercure porte avec lui non
seulement +, c'est-à-dire la consécration de l’équilibre et de la neutralité de notre
premier Or, mais aussi , qui est la force ascendante, le pouvoir igné, l’énergie
d’animation et de croissance, donnée dans le symbole du mâle de la partie
supérieure du qui se substitue au lunaire du qui astrologiquement correspond
au ou Sagittaire, qui est précisément l’être des projections.
Du symbolisme en passant à la pratique – tu dois reprendre le rite qui conduit à
la sensation du « corps subtil », dont je t’ai parlé dans le chapitre III pages 86-87, et
pour le passage ultérieur, choisir entre deux voies, lesquelles correspondent à la
magie solaire et à la magie isiaque. Dans la magie isiaque le corps fluidique qui, en
enveloppant comme un « vêtement de pouvoir » et un « tourbillon astral », l’idée ou
le commandement du centre positif produit la réalisation. Il est enflammé par force
sauvage, trouble et ivre d’une passion : c’est un démon qui agit et qui en fait une
flamme – de haine, de volupté ou de destruction. Dans la magie solaire ou haute
magie à l’inverse, oeuvre une science pure et surhumaine : avec une fermeté éclairée
et calme, une fois atteint l’état fluidique, à ce point, on te dira de te porter dans le
coeur par le moyen du rite que d’autres t’ont déjà exposé, après une évocation
rituelle du feu ; de te fixer là et d’y allumer et d’y faire croître, par visualisation, une
flamme dans laquelle tu t’absorberas.
La « transformation » qui s’en suivra – d’un état intérieur « lumineux » tu
passes à un état de chaleur active diffuse – est la connaissance du . Alors, la
composition du second élément, qui est le « feu androgyne », est accomplie.
Comme pour , fixe ta conscience, cet état. Puis laisse-le aller, puis reévoque-
le, à plusieurs reprises, jusqu’à le sentir en ton pouvoir pour le réveiller
quand tu le voudras. Apprend donc à en graduer l’ardeur de façon douce, lente,
tempérée et continue de telle façon que les humidités superflues de l’Eau,
naturellement et insensiblement se dessèchent et la flamme s’élève et s’abaisse
selon la volonté du mercure entièrement cuit. Tout dépend du « régime du feu » – te
dit Philalèthe (Le File d’Ariane, Paris 1695, p. 75), en ajoutant que « sans le feu, la
matière (= ) reste inutile et le mercure philosophique ne reste qu’une chimère de
l’imagination. » Kremmerz également affirme que « l’initié n’en est pas un s’il ne
s’empare pas du pouvoir d’alimenter en soi un centre d’activité astrale qu’il peut
allumer à sa volonté dans son intérieur fluidique. »
A ce point, les conditions pour une quelconque réalisation magique sont
virtuellement présentes. L’acte magique est la conception d’un éclair, c’est une
opération foudroyante dans laquelle la puissance mentale fixe la commande ou
l’image du but et y jette instantanément la force fluidique enflammée . Ceci est
appelé : PROJECTION ; Chez les plus faibles, la volonté agissante est imaginative,
chez les autres celle-ci est simplement énonciative, décrétée.
La réalisation est d’autant plus parfaite, si sont plus exaltés, énergiques et
absolus, dans leurs vertus respectives, les deux principes conjoints de la verge
d’Hermès : la puissance du est d’autant plus calme, sèche, absolue, brillante,
glacée, définitive – est combien plus ardente, impétueuse, sauvage, ivre, la
puissance du fixée et projetée du . C’est la conjonction et l’étreinte des deux
ennemis sur la couche nuptiale de la magie, alliance androgyne ; c’est le grand
mystère de l’Art Royal, qui ne peut être communiqué à aucun profane.
De toutes façons au sujet de ces conditions, il faut que tu saches : il faut que
ton être soit intégré, c'est-à-dire un ; il faut une éducation consciencieuse du corps et
de l’attention, et que ta volonté s’identifie avec la volonté profonde de telle façon qu’il
n’y ait aucun obstacle et aucun doute en toi. Que ton corps, ton âme et ton esprit
soient entièrement « mortifiés », entièrement maîtrisés, entièrement apaisés :
limpides et purs, sans scories, malléables, obéissants et sans volonté propre.
Comme si devant un aurige expert sur un bon terrain, était prêt un char tiré par
des pur-sang, il y monte, il prend les rênes et le fouet et le guide rapidement là où il
veut ; ainsi tu dois chercher un rapport analogue entre ton esprit, ton âme et ton
corps2. Quand l’esprit est libre, supérieur à toutes les oppositions, à une
quelconque influence ambiante, à un quelconque doute, affection ou peur, alors le
régime du Feu peut développer dans sa plénitude un équilibre magique des forces
fluidiques ; et dans cet état, la conception est création et l’ordre, réalisation, puisque
l’action en soi, survient en dehors du corps, du temps et de l’espace, comme un
mouvement libre dans l’espace spirituel sans dimension. Sache, tout de même, que
la rapidité de l’acte magique est telle, que lors des premières fois, elle puisse saisir
l’opérateur, et lui faire penser que c’est impossible, tellement celui-ci se manifeste
simplement dans le fait accompli et qu’il puisse te paraître étranger à toi.
Garde à l’esprit par-dessus tout, que le succès en magie n’est jamais le résultat
d’un effort ; si à peine survient un effort, c'est-à-dire le sentiment d’un obstacle,
l’action, reconduite sous les conditions matérielles des êtres incarnés, est arrêtée. La
magie agit toujours de façon simple et directe, comme une force instantanée ou la
force irrésistible et subtile d’un parfum. C’est pour cela que Lao Tsu dit que la vertu
du Tao est un « agir sans agir » ; et c’est pour cela que les hermétistes te parlent de
l’OEuvre comme d’un « jeu de femmes » ou « d’enfants » confirmant l’enseignement
de la Kabbale, laquelle dans l’arcane XI du Tarot prend le symbole de la Force d’une
femme qui ferme et immobilise sans aucun effort les mâchoires d’un lion furieux. Et
c’est aussi pourquoi parler de « volonté » en magie est impropre, tant la volonté
conçue par les hommes est empreinte de tension, de violence, de rigidité, qui sont
juste à l’opposé des vertus principales de la réalisation magique. Il faut se sentir, au
contraire, supérieur, absolument sans obstacle, puissant et capable en esprit, dans
un état de parfaite justice – comme base pour le calme, mets l’image définie
soigneusement dans toutes ses parties, dans la lumière mentale à enflammer et à
exalter graduellement jusqu’à ce que tu sentes l’atteinte de cet état de sympathie
2 Dans le cas de la magie isiaque, l’état d’unité est déjà présente du fait que l’unique passion
est devenue maîtresse de tout l’être (Note de U.)
dans lequel, comme par un pur acte de l’esprit, doit arriver l’éclair instantané de la
« projection. »
L’équilibre magique de toutes les conditions est un instant que tu dois savoir
saisir sans retard ou peur. Dans les opérations dédiées aux choses de la nature, les
conditions astrologiques, le cérémonial, le temps, l’heure, le lieu, les formules, les
gestes et les parfums et tous les autres éléments à observer scrupuleusement créent
un lien analogue d’équilibre et de sympathie des forces invisibles humaines et
naturelles, qui, surpris et fixé par la volonté, rendent cette dernière magiquement et
irrésistiblement opérante.
OPERATIONS MAGIQUES A DEUX VASES
LE DEDOUBLEMENT1
ABRAXA
Je t’ai parlé de la composition du Caducée qui s’exécute dans un seul vase : dans le
corps et dans les pouvoirs d’un individu seul. J’ai rajouté, cependant, que des effets
d’importance majeure peuvent être rajoutés au travers de la force d’une chaîne magique
ou, d’un esprit naturel ou, même d’une Entité.
Je ne te reparlerai pas de ceci, mais seulement de la composition magique exécutée
dans deux vases, comprends : dans deux personnes, dans lesquelles les deux
composantes – l’actif et le passif, le Soleil et la Lune, le Soufre et le Mercure – se
localisent, se polarisent et s’exaltent individuellement.
Comme il y a deux formes du Caducée, celle dévolue à la vision – et je t’en ai instruit
en te parlant du miroir – et celle dévolue à l’action – obtenue par ignification de la lumière
astrale – ainsi donc tu auras ici, deux opérations : l’une est la vision et le rapport par
l’intermédiaire d’une « pupille » ; et l’autre est la préparation du Mercure androgyne par
l’union sexuelle fluidique.
Comprends déjà le principe : d’une façon naturelle, chez l’homme, la force ignée
prédomine, chez la femme, la force lunaire. On peut ainsi utiliser deux personnes de sexe
différent, au lieu de préparer les éléments ensemble dans un seul « vase. »
L’utilité du procédé est dans le fait que dans le développement magique, tu dois avant
tout donner de la puissance et une supériorité au principe solaire et ne t’ouvrir au principe
humide, réceptif et volatile que quand tu seras parfaitement solide et sûr de toi : autrement
la magie se transforme en médiumnité et remplace l’extase passive en un psychisme
inférieur, sinon, même en une quelconque forme d’engouement. Maintenant, tu peux rester
complètement positif et fermé, si dans un premier temps un autre être pense, lui, à exalter
la qualité opposée, en créant un état de relation que tu pourras ensuite guider et apprendre
et, enfin, absorber et ressusciter en toi-même, ayant déjà acquis la qualification impérative
demandée.
* * *
Il serait bon que la jeune fille que tu utiliseras dans les travaux de vision et de
communication avec les êtres incorporels soit vierge. C’est qu’en gardant l’état de virginité,
et à condition que celle-ci ne soit pas seulement anatomique, un groupe de forces subtiles
n’a pas encore subit la modification, la polarisation et la décharge qui arrivent à travers
l’acte sexuel d’une union commune, de sorte qu’à part leur plus grande pureté et intensité,
il est plus facile de les concentrer dans la direction des pratiques initiatiques2. Parfois, au
lieu de femmes, on utilise des enfants entre 7 et 14 ans : à cet âge, sont en action
dominante les mêmes forces subtiles, formatives et de croissance à un stade très
énergétique, pas encore altérées par le Soufre vulgaire de la vie passionnelle et émotive
des adolescents.
La jeune femme doit se soumettre à une préparation suivant les directives dont on a
déjà parlé dans le miroir. Du côté actif, fermeté, contrôle et direction, et aussi un subtil
1 Traduction PB (Introduzione alla Magia Vol. I. Edit. Méditerranée)
2 Remarque le double sens de oeil (pupille) et vierge dans le mot grec κόρη que tu peux retrouver dans
le titre même d’un texte hermétique classique (κόρη Χοσμον in Stob., Phys., XLI, 44-45.) – Chez certains
peuples sauvages, les jeunes filles pubères encore intactes sont considérées comme saturées d’une force
mystérieuse et dangereuse, et tenues « isolées » presque comme un condensateur électrique ; parfois même
dans des cabanes construites en l’air ou faites de telle sorte qu’aucune partie de leur corps nu ne touche terre
– jusqu’à ce qu’elles soient conduites aux noces qui les « déchargeront. » (Cfr G. FRAZER, The Golden
Bough, v. III, chap. LX § 3-5.)
dosage et combinaison de Soufre et de Mercure, mais celle-ci ne s’en occupera pas. Elle
prendra soin seulement de rester ouverte et réceptive à toutes les sensations à fond, c'està-
dire d’extraire et d’exalter exclusivement, et au dernier degré, le principe . Qu’elle sache
vaincre la peur d’un abandon complet. L’absence du principe solaire est remplacée par une
confiance absolue dans l’opérateur et dans sa force, une totale soumission envers lui,
conjointe à une aspiration sincère et pure envers la réalité suprasensible.
Il est nécessaire de constituer un lieu pour les pratiques, il faut se le choisir, comme je
l’ai déjà dit, à la campagne si possible ou, dans un lieu isolé ou souterrain, où il règne un
grand silence, et sois sûr que personne ne viendra te perturber. Une pièce séparée, peinte
récemment en blanc avec de la chaux, avec les accessoires strictement nécessaires,
neufs, simples et propres. La purification initiale du lieu se fait par des fumigations de
soufre et avec un lavage du sol avec de l’eau de mer ou de l’eau courante ; puis le matin et
le soir, brûler un peu d’encens, myrrhe et baies de laurier. Ce lieu doit t’être strictement
réservé : tu n’y laisseras entrer personne pour aucune raison – moins que tout, quiconque
soit poussé par la simple curiosité. Tu y conduiras seulement la « pupille » dans le temps
dédié à la pratique. Alors tu utiliseras le santal comme parfum dominant, avec une très
légère dose du parfum planétaire et zodiacal de la « pupille » même.
La préparation de cette dernière sera de bien la concentrer durant la période d’une
lunaison complète, tandis que de ton côté, tu exalteras la force de volonté. Chasteté
complète, de corps et d’esprit. Nourriture sobre, excluant les viandes. Pureté physique et
mentale. Il faudra chercher à éloigner, chez la « pupille », l’élément « émotionnel » pour
obtenir un abandon parfait. Les moments les plus propices sont les nuits sèches et
sereines.
Voici comment se déroulera l’opération : avant tout, fenêtres ouvertes, brûle des
parfums et, tourné vers l’Orient, c'est-à-dire vers l’aube, prie – je veux dire : formule
distinctement l’idée et désire sa réalisation avec confiance. L’idée est, en premier lieu, que
les entités obscures, celles qui dominent les sens et qui barrent les seuils, s’éloignent ; que
les fantômes troubles enfermés dans l’âme s’échappent. Une formule peut être la suivante,
elle doit être prononcée à voix basse, toujours tourné vers l’orient, en marquant
mentalement tous les mots.
« Devant Toi, Puissance du Soleil qui naît, la grande nuit de la fièvre humaine, des
fantômes de l’orgueil, des larves de la concupiscence, se dissipe. Tu es Lumière. Lumière,
sois en moi, afin que le désir des choses terrestres n’ait plus de prise sur moi. »3
Il n’est pas nécessaire que la « pupille » entende ton invocation ; mais elle-même en
formulera une, entonnée intérieurement, avant de s’asseoir devant le Miroir, préparé
comme je te l’ai déjà dit. Toi, debout, derrière, pendant que s’établit la fixation, réalise un
sentiment de totale autorité sur elle, un sentiment de l’envelopper et d’en disposer
entièrement : commande mentalement le détachement de sa vue, insère ta force dans son
abandon pour le soutenir et le pousser en avant. Une fois l’état de lumière atteint, invoque
et formule ce que tu veux savoir, ordonne que celle-ci voie. L’invocation peut être dirigée
vers le Soleil, aux sept Anges, ou bien à un Pouvoir spécial que su sais en relation de
façon particulière avec la chose à laquelle est dédiée l’opération. En ce qui concerne les
formules, Tu peux en trouver chez Agrippa et chez Pietro d’Abano. Même le Troisième
Logos du Rituel Mithriaque est efficace (Chap. IV, p. 120.)
Il est nécessaire que la « pupille » par sa foi intégrale et par la pénétration du
sentiment de ta force qui la soutient, efface quasiment le sentiment d’elle-même : de telle
façon qu’elle n’oppose aucune réaction, et qu’aucune manifestation ne puisse l’apeurer afin
de ne pas interrompre l’opération.
Elle dira tout ce qu’elle voit. Tu la dirigeras dans les visions ultérieures. J’ajoute que
sur la base de la connaissance qui te vient ainsi, et en maintenant l’état de communication
3 C’est la variante d’une formule de Kremmerz. De même l’expression « pupille » est de Kremmerz. (N.
d. U.)
avec le suprasensible, tu peux lancer des conjurations et des ordres aux puissances, bien
que cela soit dangereux, dans des opérations d’un tel type. De toute façon, prends bien
garde que la conjuration survienne dans un deuxième temps et dans un état de conscience
absolument distinct de celui qui attend la révélation. Si déjà dans cette attente, au lieu de la
parfaite neutralité, se cache un désir pour un contenu de la vision au lieu d’un autre, il
s’ensuivra simplement l’image trompeuse de l’accomplissement de ce même désir.
En atteignant une relation profonde, effective avec la « pupille », sa vision peut se
transmettre directement à toi.
Si l’opération ne réussit pas, continue, tais-toi et prie, en la répétant à la même heure.
Un des principaux obstacles est la « projection » de ce que Kremmerz a appelé la
simile nature. Il s’agit de résidus d’impulsions et de désirs qui ont résisté à la purification –
en toi ou en la « pupille » – ou bien, qu’ils sont à l’affût sous le seuil de la conscience. Ces
forces absorbent le pouvoir produit par le détachement, et elles s’en servent pour se
projeter, pour s’extérioriser sous forme d’entités fluidiques. Le mal, alors, n’est pas dans le
fait qu’elles perturbent et faussent toute la vision, en la réduisant à des fantômes du
« moi », mais consiste précisément dans le fait que la projection leur a donné une vie
autonome – je dirais presque : une personne. Tes créatures, rebondissent sur toi, ou bien
se nourrissent de ta vie, et peuvent donner jusqu’à des formes obsessives.
Je t’ai déjà indiqué que tu peux dans un deuxième temps, aspirer, absorber, la vertu
développée chez la « pupille », ramenant alors à l’unité, l’opération à deux vases.
* * *
Pour l’exacte composition correspondante de l’action magique du Caducée, que j’ai
appelée « seconde », on prend l’amour, celui qui va enflammer la force fluidique.
Le feu de l’Eros, habituellement polarisé vers le bas, c'est-à-dire vers le sexe et la
nature animale, est isolé dans le corps fluidique et alimenté surtout pour y produire l’état
d’exaltation nécessaire afin de constituer ce mercure androgyne et igné, par lequel la
projection magique est transformée en acte.
En ce qui concerne la femme, on demande des conditions particulières. La virginité
n’en fait pas partie, mais dans cette pratique, à la différence des vraies et propres
opérations de magie sexuelle, dont on te parlera en son temps, une certaine pureté est
nécessaire. Et il est aussi nécessaire un sentiment préexistant, suffisamment intense. Ceci,
si tu es aussi avancé dans la voie, comme il est demandé ici, tu dois être capable de le
créer et de l’attiser en toi, à ta volonté. Chez la femme, tu ne peux pas demander cela : il
suffit que d’une façon naturelle, celle-ci – t’aime. La difficulté sera de trouver une jeune fille
qui, sur la base de ce sentiment préexistant, accepte de te suivre sur le plan de l’amour
magique et à condition qu’elle en ait aussi les dispositions.
Il est nécessaire, à ce degré au moins, que l’éros, instrument de l’oeuvre, ne soit déjà
pas un désir sexuel, une envie sexuelle, mais précisément de l’amour, quelque chose de
plus subtil et vaste, qui enveloppe toute l’autre personne, comme un désir de toute l’autre
personne sans polarisation physique, mais ce n’est pas pour autant que l’intensité doive
être moindre. On peut encore te dire : tu dois désirer l’âme, l’être de l’autre personne
comme on peut désirer le corps de celle-ci. Prends garde que si cette condition n’est pas
rigoureusement réalisée, non seulement l’opération sera inefficace, mais tu serais exposé à
des dangers psychiques qui seraient loin d’être légers. Je t’ai dit que par ailleurs on parlera
de processus qui impliquent aussi l’union sexuelle. Tiens pour certain, que pour oeuvrer
dans ceux-ci, il est nécessaire d’avoir appris tout d’abord la manière de l’amour qui s’exalte
sans contact, qui n’est pas liée qu’à ce contact et à la satisfaction sexuelle.
Sache en plus que toute forme d’amour, est déjà en soi de la magie : le ravissement
des amants est déjà une ivresse dans la lumière astrale, une ivresse fluidique. Mais de
ceci, ils n’en sont pas conscients. Tu dois l’être. Alors, tu pourras avancer d’une façon
circulaire : parce que l’éros te rend propice le contact fluidique et l’état fluidique à son tour
exalte l’éros. Ainsi peut se produire une intensité vertigineuse pratiquement inconcevable
pour les hommes et les femmes du commun, et tu pourras concevoir quels sont les
dangers dont j’ai fait allusion, sur lesquels je reviendrai quand on parlera de la magie qui
utilise l’union charnelle.
La technique extérieure est simple. Comme parfums, du musc, de l’ambre ou du
santal, à saturation plutôt intense, si possible, une goutte de sang de colombe. L’heure la
plus propice est vers l’aube. Asseyez-vous l’un face à l’autre, immobile, toi face à l’Orient.
Une fois évoqué l’état fluidique (ici on suppose chez les deux, cette faculté : est supposé,
et il s’agit seulement de le transformer en pour y projeter ensuite le masculin),
s’aimer, se désirer, ainsi, sans mouvement, sans contact, de façon continue, en s’aspirant
réciproquement et « vampiriquement », dans une exaltation qui avance sans la crainte de
possibles zones de vertige. Tu percevras une sensation d’amalgame réel, une perception
de l’autre dans tout le corps, non par contact, mais dans une union subtile que tu sens en
tout point et dont on se sent pénétré comme par une ivresse qui s’empare du sang de ton
sang. Ceci te conduit au seuil d’un état d’extase, qui est le point d’équilibre magique dans
lequel le fluide igné et très saturé peut être de façon foudroyante attiré et projeté dans
l’idée.
Dans cette opération, il t’est imposé de nouveau le jeu subtil du dosage des deux
principes opposés dans le régime du feu, tandis que chez la femme, l’élément amour
auquel elle se donne totalement, suffit. Chez le mage, l’exaltation progressive du feu doit
être conduite par un principe froid qui ne manque jamais à soi-même, mais qui s’élève et
s’illumine avant, avec la croissance du vertige fluidique. Si ce principe manque, toute
possibilité magique tombe, et quand il n’arrive rien de mauvais, tout peut se terminer sur un
plan analogue à certains états mystiques, où précisément agit un désir érotique porté
inconsciemment sur le plan subtil à travers des images convenables (les « Epoux Célestes,
etc.)4» et exaspéré jusqu’à aboutir à une forme spéciale et solitaire de volupté psychique,
décrite comme une allégresse et une béatitude.
Par conséquent, une exaltation, un vertige qui a toujours un gardien derrière soi, le Je
détaché, lequel est apparemment absent dans le plein abandon à l’Eros et dans
« l’amalgame », mais qui à point, – à parfaite cuisson du Mercure – intervient brusquement,
s’empare de la force, la fixe et la lance où il veut.
* * *
La pratique du Miroir, telle que je te l’ai exposée dans le chapitre III, comprend deux
réalisations dépendantes : la libération de la vision de l’oeil, et son activation dans un
« espace », qui est la lumière astrale même – cette libération est rendue possible par un
certain détachement du corps subtil du corps physique.
Maintenant je te donnerai des indications afin de libérer complètement ce corps,
jusqu’à pouvoir le mouvoir dans l’espace ; et toi avec lui, en laissant en bas le corps
physique. Dans l’occultisme vulgaire ceci est appelé : sortie en astral.
Même dans cette réalisation, ce qui agit, c’est la volonté, comme force solaire et
centrale . Tiens pour certain, que la volonté vient de la maîtrise de soi. Celle-ci est
d’autant plus forte, que la maîtrise de soi est d’autant plus absolue et énergique. Sa force
est celle de la détermination qui la commande, et la force d’une telle détermination dépend
du degré de position centrale du « Je. » Cette volonté solaire, calme, déterminée et
centrale est notre or . Dans celle-ci tu dois donner une forme précise à ton nouveau but.
La réalisation comporte trois phases : 1) le détachement non accompagné de la
conscience pendant le sommeil ; 2) idem, accompagné par la conscience ; 3) le
détachement conscient au stade d’éveil.
Le premier aspect a lui-même des stades progressifs. Donne-toi ces tâches
successivement :
4 Ne nombreuses soi-disant « apparitions divines » de mystiques, en relation à ceci, ont simplement la
valeur de ces visualisations de « simili nature », dont Abraxa parle plus haut. (N. d. U.)
a) Bouge avec le corps subtil un objet léger et proche de ton lit ; b) Bouge le dans un
lieu éloigné ; c) Apparaît dans le rêve d’une autre personne ; d) Fais sentir ta présence à
une personne éveillée – et ceci est le stade final et parfait.
Maintenant je t’indique la technique. A l’approche du sommeil, quand les pensées
involontaires peu à peu s’atténuent et se dissipent, tu dois fixer tout ton esprit sur la seule
pensée de l’extériorisation. Représente-toi avec détails et distinctement dans toute la série
des actes demandés par le but : le détachement du double, les mouvements nécessaires,
l’itinéraire que celui-ci va parcourir, son arrivée au lieu fixé, l’accomplissement de l’acte
donné, le plein souvenir le matin.
Pense tout ceci en le voulant : avec une volonté énergique et en même temps, calme,
sure et continue – sans distraction, sans secousse et sans effort avec un sentiment de
sécurité, lucide et en pleine possession de toi. Le « monoidéisme » de l’acte, décomposé
dans tous ses détails, doit être déjà créé, avant que s’annoncent les premiers signes de
l’assoupissement. Alors, abandonne-toi au sommeil comme si c’était une chose déjà faite.
Le réveil spontané et un léger parfum de musc, de rose ou d’iris de Florence facilite le
souvenir le matin – on te l’a déjà dit.
Dans le cas où tu voudrais trouver une personne, pense avant tout à cette personne,
évoque-la en t’aidant si possible de son parfum ou en mettant sous l’oreiller ses cheveux
ou un objet qu’elle a porté pendant un certain temps proche de son corps. Garde présent
que, à moins de ne pas disposer d’une force très importante, il arrive que l’autre personne
soit prévenue, possède une certaine sensibilité subtile et, d’autre part, veuille elle-même le
phénomène. Lequel se manifestera plus facilement dans le cas d’un lien de sympathie
naturelle ou d’un lien initiatique.
Si tu es déjà assez avancé dans les pratiques magiques, et dans celles indiquées par
« Léo » pour conserver une certaine conscience dans le sommeil ; si tu peux donc déjà
poser la conscience sur le corps subtil au lieu, exclusivement du corps physique, alors tu
peux tenter de guider directement le parcours du corps subtil, c'est-à-dire, au moment de
t’endormir, de glisser avec ce corps, qui te conduira, où tu voudras, au lieu de te souvenir,
même si tu réussis l’expérience, ou bien d’en contrôler seulement la réalité par le moyen
des effets : le déplacement effectif des objets, la vision réelle ou, la sensation que l’autre
personne a perçu de toi.
Le troisième stade de la réalisation est la sortie volontaire éveillé. Dans le cabinet
magique, relaxe-toi complètement et relâche tous tes sens : il est utile, avant, de se
boucher les oreilles avec de la cire. Essaye d’atteindre l’état de silence le plus profond.
Toutes les pensées étant annihilées et la sensation du corps disparu, que tout ton esprit
soit alors concentré sur la seule volonté intense, incassable, presque matérialisée, de
sortir5. Quand les soubresauts instinctifs dont je t’ai parlé, liés au début de la réalisation de
ta tentative, tenteront de te ramener en arrière, que ceux-ci rencontrent la volonté présente
comme une barre d’acier plantée au travers de ton esprit, contre laquelle ils se briseront,
instantanément suspendus dès leur naissance. Un état neutre suivra – puis tu te trouveras
en un lieu quelconque et tu te rendras compte que tu n’es plus avec ton corps physique.
Alors prends soin à ne jamais perdre ton sang froid : sache te conduire où tu veux, en
réalisant toujours que tu es un être immatériel, mu directement par l’esprit. A ce stade, le
pouvoir d’agir même sur les choses et les personnes, dépend du degré d’ignification atteint
par le corps fluidique et de l’énergie du principe « Or. »
Je t’ai dit : « en réalisant toujours que tu n’es pas un être matériel. » Ceci a un double
but : 1) Neutraliser éventuellement ta visibilité aux yeux des autres. 2) Annuler les émotions
quelles qu’elles soient, jaillissant des habitudes du corps physique, quand le corps subtil se
5 Si tu veux, au stade de concentration, que tu peux atteindre, au contraire directement par le moyen du
miroir, en suivant complètement, ce que je t’ai dit dans le chapitre III et en agissant au moment de l’apparition
de la lumière éthérique.
trouve dans certaines circonstances de l’ambiance physique, qui cependant sur celui-ci
n’auront pas de pouvoir. Je m’explique.
Suppose que durant ta sortie, tu rencontres quelque chose qui, si tu étais là avec ton
corps physique, te provoquerait une contusion ou une blessure. Si tu ne réalises pas que
dans cet état tu ne peux être contus, mais si au contraire, tu réalises la situation en termes
de corps physique, cela entraînera un état de panique, dans un choc, une image astrale,
qui immédiatement te jettera dans le corps physique et là imprimera la même
transformation : tu te retrouveras étourdi et contus dans ton lit ou dans ton laboratoire.
Je ne te raconte pas d’histoires. En constatant des choses de ce genre la
métapsychique et l’ethnologie se sont même rejointes : par exemple, des cas de personnes
trouvées mortes ou blessées sur leurs grabats après que dans la nuit on soit allé à la
chasse à la « sorcière » ou au « loup-garou. »6 Le corps subtil est constitué du groupe de
forces profondes qui président aux éléments et aux fonctions du corps animal ; et ainsi
toute modification se transmet immédiatement à celui-ci. Mais je te répète qu’une telle
modification est seulement produite par ton esprit, par suggestion. Si tu maintiens
fermement la conscience de ta non matérialité et ton sang froid, rien, du monde physique,
ne pourra donc te provoquer du mal.
Si à un moment quelconque tu voulais rentrer et tu n’y réussisses pas immédiatement,
évoque l’image de ton corps physique là où tu l’as laissé, réalise-la intensément et insère
dans cette image ta volonté, calme et ferme, de retourner.
Pour éviter un autre genre de dangers, je te conseil de tracer autour de ton corps,
avant de te disposer à la sortie, un cercle magique avec une conjuration convenable,
entonnée cependant de façon à ne pas paralyser la sortie elle-même. En quelques mots en
voici la raison : nombreux sont dans le monde invisible, les êtres obscures qui n’ont pas de
corps, qui en voudrait un où se précipiter à peine ils en aperçoivent un « vide. » Et il n’est
pas dit que revenu à l’état normal, tu éprouves le sentiment de ne plus être seulement toimême.
Le danger est mineur quand l’opération se produit dans un état de sommeil et sans
conscience ; car alors il y a quelqu’un d’autre qui est tenu de monter la garde devant ton
enveloppe restée en-bas.
Naturellement, tu t’arrangeras pour que personne ne vienne, qu’aucun heurt ou bruit
fort ne se produisent là où reste ton corps. Autrement les conséquences pourraient être
assez graves.
Un dernier avertissement : si tu as des scrupules moraux sache que tout ce que tu
produis sur le corps subtil d’une personne qui ne veut pas – même seul avec la conscience
extérieure dominée de l’un ou de l’autre préjugé – et que cependant elle reste, face à ton
action occulte sans défense (l’unique défense serait qu’elle efface en elle-même le souvenir
de la chose), peut produire chez elle des troubles, qui peuvent aller jusqu’à la névrose et à
l’altération de la personnalité.
En revenant de la sortie vers l’éveil, prends garde car les premières fois, tu peux
ressentir un état de prostration profonde, une asthénie complète de tout l’organisme. Tu
dois réagir, te secouer, en t’aidant peut-être par une douche froide et par des exercices
énergiques de gymnastique. Il s’ensuit un état d’agitation, d’exubérance fébrile et enfin une
troisième phase de fatigue vague et générale, d’aboulie, d’effort à penser. Prévois le tout
de façon que, à son éventuelle arrivée, cela ne t’impressionne pas et ne te laisse pas
prendre, au contraire, attends avec calme que chaque chose revienne à son état normal.
Ces répercussions peuvent durer quelques heures : au maximum deux jours.
6 Une circonstance singulière dans ces constatations, est que le corps porte les blessures, tandis que
les habits restent intacts. (N. d. U.)
http://bnam.fr/spip.php?rubrique42
--une des sources:


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MessagePosté le: 2017-11-20, 13:36    Sujet du message: Publicité

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