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LE GRAND LIVRE DE LA NATURE ou L'APOCALYPSE PHILOSOPHIQUE ET HERMÉTIQUE

 
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Arathos
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MessagePosté le: 2017-11-29, 20:40    Sujet du message: LE GRAND LIVRE DE LA NATURE ou L'APOCALYPSE PHILOSOPHIQUE ET HERMÉTIQUE Répondre en citant

source e book
http://bnam.fr/IMG/pdf/gdlivre.pdf
extrait;

LE GRAND LIVRE
DE
LA NATURE
ou
L'APOCALYPSE
PHILOSOPHIQUE ET HERMÉTIQUE
AVANT PROPOS
LES DEUX INITIATIONS
Les Philalèthes. - L'Initiation masculine ou dorienne. - Les visionnaires. - Palingénésie. -
Nombres. - L'Initiation féminine ou ionienne. - Epreuves purificatrices. '- Expiations.
Par OSWALD WIRTH
La Librairie du Merveilleux, se proposant de rééditer un ouvrage curieux de la fin du XVIIIe
siècle,, a cru devoir me demander une notice destinée à rendre plus facilement intelligible le
texte symbolico-apocalyptique dont il s'agit.
Je vais faire de mon mieux, sans prétendre soulever entièrement le voile de mystère et
d'obscurité dont l'auteur s'est enveloppé comme à plaisir.
De semblables écrits ne s'adressaient qu'à un cercle limité d'initiés spéciaux, adeptes d'un
mysticisme très particulier, ne se rattachant que fort indirectement à la tradition générale et
universelle de la pure initiation.
L'auteur, en effet, se donne comme membre d'une Société de Philosophes Inconnus et se révèle
ainsi comme Philalèthe ou Ami delà Vérité. Cette association prit naissance, en 1773, au
sein de la R :. L :. Les Amis Réunis, O :. de Paris. Elle avait la prétention de constituer une
Maçonnerie au sein de la Maçonnerie, autrement dit une sélection d'esprits préparés à
l'intelligence des secrets les plus sublimes de l'Ordre. Ces secrets ne devaient être révélés que
progressivement, au fur et à mesure que l'investigateur des vérités occultes gravissait une
échelle de douze degrés. Après avoir été reçu successivement Apprenti, Compagnon et Maître,
comme dans toutes les Loges, il fallait, pour devenir Philalèthe (12e), passer en outre par les
grades d'Elu(4e), de Maître Ecossais (3e), de Chevalier de l'Orient (6°), de Chevalier RoseCroix
(7e), de Chevalier du Temple (8e), de Philosophe Inconnu (oc), de Philosophe
Sublime (10e)et d'Initié (11e). L'âme de ce régime fut le F :. Savalette de Langes, jeune Maçon
fort épris de toutes les connaissances mystérieuses qui passionnaient alors les esprits les plus
distingués. Ses premiers collaborateurs furent son oncle Thiroux de Gervillers, son cousingermain
du Pleix de Perles, le baron de Salis-Séevis, le marquis de Clermont-Tonnerre, Nicolas
Autour, le marquis de Chambonas, le comte de Stroganoff, le comte de Salignac-Fénelon, les
frères Tassin, Bouretde Vezelay, Bollioud de Saint-Julien, le vicomte de Saulx-Tavannes, le
vicomte d'Houdetot,lemarquisde la Jamaïque, Méryd'Arcy,etc.1
Par la suite, le groupement bénéficia du concours de personnalités marquantes, telles que Court
de Gébelin, le savant auteur du « Monde primitif comparé avec le Monde Moderne »,
Duchanteau, le Kabbaliste, mort en 1786 des suites d'une expérience d'alchimie physiologique
tentée au sein de la Loge des Amis Réunis, Clavières, alchimiste, devenu plus tard ministre des
Finances, le baron de Gleichen, ministre plénipotentiaire de Danemark, le président de
Hericouri, le marquis de Chefdcbien, Quesnay de Saint-Germain, adepte du magnétisme
enseigné par Mesmer, l'archéologue Lenoir, Roèttiers de Montaleau, qui devait réorganiser le
Grand Orient de France (in 1793, etc.2
Les Philalèthes se mirent d'ailleurs en rapport avec toutes les sources d'information en matière
de Mysticisme, de Kabbale, de Magie, d'Alchimie, de Magnétisme, etc. Dès 1781, ils entrèrent
en possession des archives du Tribunal Souverain du rite des Flus Cohens, fondé en 1754 par
Martinès Pasqualis ou de Pasqually. En 1785, ils firent appel aux lumières de Cagliostro, qui
leur promit de les mettre en communication avec les êtres spirituels servant d'intermédiaires
entre l'homme et Dieu. Mais, pour se rendre dignes de cette révélation, les Philalèthes auraient
dû, au préalable, brûler leurs archives, ou ne se trouvaient consignées que de détestables
erreurs, aux dires de l'omniscient Joseph Balsamo.
Pour se faire une idée des doctrines initiatiques professées par les Philalèthes, aucune lecture ne
saurait être mieux appropriée que celle du Grand Livre de la Nature, qui fait l'objet de la
présente publication.
L'auteur n'est pas de ceux qui ont subi les épreuves vie l'initiation masculine ou dorienne. Il n'a
point commencé par se dépouiller de ses métaux afin de pouvoir entrer dans la crypte funèbre,
où le moi trouve l'isolement complet qui le met en présence de lui-même. Il ne s'est point,
ensuite, purifié par la Terre, en descendant en soi-même, jusqu'au fond du puits où réside la
Vérité intérieure et centrale, commune à tous ceux qui savent approfondir. Du centre, il n'est
1 Gustave Bord. La Franc-maçonnerie en France des Origines à 1815. Tome 1. Les Ouvriers de l'Idée révolutionnaire, page 347.
2 Voir Nouvelle Notice historique sur le Martinesisme et le Marlinisme, page LXX. Cette notice, fort étendue et très intéressante, précède l'opuscule consacré par Franz
von Baader aux Enseignements secrets de Martinès de Pasqually et constitue la partie de beaucoup la plus importante du Vol. 5. 2e série de la Bibliothèque
Rosicrucienne publiée par l'Ordre Maçonnique de Misraïm (en vente à la librairie du Merveilleux).
point remonté jusqu'au sommet d'un volcan, où, en émergeant du cratère, un vent furieux devait
le saisir, pour le projeter, à travers l’Air, sur le sol banal où s'agite le commun des hommes. Il
ne semble pas non plus avoir traversé impassible le champ de bataille où les intérêts se heurtent,
terrain de luttes acharnées, circonscrit par un fleuve aux flots tumultueux. Lorsqu'il atteint cette
rive, le futur Initié doit affronter l'épreuve de l’Eau, en entrant résolument dans le courant, mais
sans se laisser entrainer par celui-ci, car, s'il était incapable de lui résister, il n'atteindrait jamais
la rive opposée, où commence le domaine du vrai sage. Mais celui-ci resterait un stérile rêveur,
si»le Feu ne venait pas achever le cycle de ses purifications. Débarrassé par celles-ci de tout ce
qui était étranger à l'essence de sa personnalité, l'Initié aperçoit la Lumière et apprend à se
diriger vers elle, c'est-à-dire à la conquérir progressivement3
.
Son apprentissage est alors terminé et c'est désormais comme Compagnon qu'il voyage pour se
perfectionner dans les différentes branches de l'Initiation. Avant tout, il est appelé à acquérir
une domination complète de soi-même. Toute résolution sagement prise doit être exécutée par
l'Initié : il y a là une question de discipline personnelle qui est d'une importance capitale au
point de vue de l’action, Le théoricien peut s'en dispenser; mais le réalisateur, armé du maillet
et du ciseau, doit savoir façonner la Pierre Cubique.
Il faut ensuite-savoir mesurer le rayon de notre sphère d'action, afin de l'étendre
proportionnellement au rapport qui relie l'Absolu au Relatif (Règle et Compas).
Ce rapport étant saisi, il devient possible de manier le levier qui soulève le monde, autrement
dit la force d'un vouloir intense, aussi éclairé que désintéressé et persévérant.
Il s'agit ensuite d'achever la Pierre des Sages, c'est-à-dire la personnalité, qui devra subir en tous
sens le contrôle de l'équerre, avant de posséder la vertu transmutatoire. Celle-ci ne résulte que
de la perfection morale acquise, d'une sorte de sainteté sanctifiante pour autrui, ou d'une santé
rayonnante guérissant les maladies par simple approche.
Pour l'adepte exerçant tous ces pouvoirs, il viendra une période où il sera conduit à se recueillir.
Il n'agira plus, son ardeur interne paraissant épuisée; Ce sera pour lui le moment de se livrer à la
passivité réceptive : ayant tout donné, il se sera rendu digne de recevoir. Pur et sanctifié, il ne
sera attractif que pour des influences hautement bénéfiques. S'il devient médium, ce ne sera
plus à la manière des névropathes ou des déséquilibrés, car un suprême équilibre s'établira
désormais entre sa personnalité consciente et le domaine de l'impersonnel, où le génie puise ses
3 Dans son Ane d'Or, Apulée nous renseigne comme suit sur ce premier degré des Mystères d'isis. C'est son héros, Lucius, qui parle :« Le prêtre écarte tous les
profanes, et, couvert comme j'étais d'une robe de lin écru, il me prend par la main pour me conduire dans le sanctuaire même du temple. Peut-être, lecteur curieux, me
demanderez-vous avec quelque anxiété ce qui fut fait ensuite. Je le dirais, si cela pouvait se dire ; vous l'apprendriez, s'il vous était permis de l'entendre. Mais le crime
serait égal et pour les oreilles et pour la langue qui se rendraient coupables d'une aussi téméraire indiscrétion. Cependant, eu égard nu désir pieux qui peut-être vous
tient en suspens, je ne vous ferai pas subir une longue attente. Ecoutez donc et croyez, car je dis vrai. J'approchai des limites du trépas, je foulais du pied lé sol de
Proserpine, et j'en revins porté à travers tous les éléments. Au milieu de la nuit, je vis le soleil briller de son éblouissant éclat ; je m'approchai des dieux de l'enfer, des
dieux du ciel ; je les vis donc face à face, je les adorai de près. Voilà tout ce que je puis vous dire, et quoique vos oreilles aient entendu ces paroles, vous êtes
condamnés à ne pas les comprendre. »
inspirations les plus hautes. Quand l'adepte en est là, il peut se, dire Illuminé, car la Lumière a
pénétré en lui, au point qu'il en devient lui-même lumineux.
Il ne possède cependant pas encore la Maîtrise. .Celle-ci exige de lui un retour intégral sur luimême.
Partant de la Lumière qu'il a conquise, il doit reculer et subir à nouveau, en ordre
inverse, toutes ses épreuves. C'est le renoncement successif à tous les pouvoirs, à toutes les
ambitions et même à toutes les espérances, aboutissant à l'anéantissement de la seconde mort
initiatique. A ce moment, aucune lueur de clarté ne subsiste : l'obscurité correspond au noir
absolu, qu'il faut avoir solide pour ressusciter subitement à la Lumière définitive» et surgir du
tombeau en incarnant en soi l'éternelle Traditionnelle qui» ne pouvant pas périr* renaît en
chaque Maître digne de la perpétuer.
J'ai tenu, dans ce qui précède, à donner une notion sommaire du véritable programme
initiatique, tel qu'il est formulé dans le ritualisme des trois grades de la Franc-Maçonnerie
classique, aussi bien que dans les allégories dont se sont servis les Philosophes hermétiques
pour décrire les opérations de leur mystérieux Grand Œuvre4
.
Or ce programme ne coïncide aucunement avec celui que nous trace VApocalypse hermétique
de notre Philosophe Inconnu.
Nous tombons là immédiatement dans une pratique mystique beaucoup plus scabreuse, car elle
débute par la recherche d'une hypersensibilité artificielle,', source d'illusions dangereuses,
quand la froide raison et le sens critique n'ont pas été sévèrement éduqués, avant qu'il soit
permis à l'imagination de prendre son essor. Il faut s'être habitué à raisonner très
rigoureusement, pour parvenir ensuite à imaginer juste. L'Initiation véritable forme des voyants,
aptes à contrôler leurs impressions, alors que l'empirisme mystique ne produit que des
visionnaires) incapables de discerner les mirages dont ils deviennent les jouets.
Il reste à savoir si parmi les visionnaires il ne convient pas de classer Martinès de Pasqually et
ses nombreux disciples, dont Louis Claude de Saint-Martin fut le plus brillant. Martinès se
livrait à des pratiques de Magie cérémonielle qui dénotent une initiation incomplète, attaché
beaucoup plus à la lettre qu'à l'esprit de la pure tradition. Saint-Martin, âme très noble et
intelligence droite, fut choqué par ce qu'il y avait d'inférieur dans les évocations et conjurations
de son initiateur. Aussi chercha-t-il une voie purement spirituelle, comprenant bien que l'esprit
ne se communique qu'à l'esprit, les sens, en ces matières, ne pouvant que tromper.
Malheureusement, Saint-Martin manqua de vigueur, tant physiquement qu'intellectuellement. Il
ne sut que planer dans les hauteurs, alors qu'avec Lucifer lui-même, il aurait dû se précipiter du
ciel, pour plonger jusqu'au centre le plus profond de l'enfer. 11 y a dans l'Initiation vraie
quelque chose de diabolique, puisqu'elle incite ' l'individu à faire acte d'initiative, en
4 Pour plus.de détails, nous renvoyons le lecteur à nos publications initiatiques, telles que le Livre de l’Apprenti et Le Symbolisme hermétique dans ses rapports
avec l'Alchimie et la Franc-Maçonnerie (en vente à la Librairie du Merveilleux).
s'insurgeant contre tout ce qui l'opprime. Tout comme le Serpent tentateur, elle exhorte
l'homme à se rendre semblable à Dieu : elle en fait un Titan, qui ne craint pas d'escalader
l'Olympe, après s'être enfoncé dans la nuit du Tartare, jusqu'au seuil du palais de Proserpine.
Aussi, pour être initié, a-t-il toujours été indispensable de n'avoir peur de rien et de faire preuve
d'une indomptable énergie.
Il est vrai qu'il existe aussi une Initiation féminine ou ionienne, basée sur la douceur et
l'impressionnabilité. Saint-Martin s'y rattachait certainement, mais je ne puis être aussi
affirmatif à l'égard des Philalèthes. Je crains qu'ils n'aient pataugé fortement dans le chaos, et le
texte de notre Philosophe apocalyptique n'est guère propre à me faire revenir de mon
impression. Voyons cependant les données qui s'en dégagent au point de vue initiatique.
Arrêtons-nous tout d'abord à la recette abracadabrante pour obtenir la palingénésie des végétaux
et, par analogie, celle des minéraux et des animaux. S'il fallait prendre ces choses au pied de la
lettre, à la manière des souffleurs, nous tomberions dans le grotesque. Ce qu'on nous offre là,
sous un aspect déguisé, doit être bien plutôt quelque rituel d'évocation, Notre chaleur vitale,
autrement dit le fluide d'un médium, peut objectiver certaines images et nous restituer;
momentanément l'apparence de formes disparues. L'antique nécromancie savait ainsi faire
apparaître les ombres et les galvaniser artificiellement, pour leur arracher des gestes ou des
paroles. Martinès de Pasqually était manifestement instruit de pratiques de ce genre, de même
que Cagliostro et d'autres charlatans, car ceux qui se livrent à de pareilles fantasmagories ne
méritent pas d'autres titres. Ce sont des sorciers, bien plus que des mages, des bateleurs habiles
à illusionner leur clientèle. Quant au véritable Initié» il ne cherche à éblouir personne ; son
ambition est de passer inaperçu et de réaliser ses miracles sans que nul ne s'en doute.
Ce qui est dit des Nombres me parait beaucoup plus important. Si l'Initié s'arrête à Neuf, c'est
que le triple ternaire lui permet de relier l'Absolu au Relatif, l'Abstrait au Concret, comme
l'indique le tableau suivant :
Les Séphiroths de la Kabbale correspondent à des distinctions analogues. Trois cercles
entrelacés engendrent d'ailleurs un septénaire sur lequel on ne saurait trop méditer.
N'oublions pas, au surplus, que Claude de Saint-Martin a consacré aux Nombres un volume
entier. Ses interprétations ne sont pas toujours exemptes d'arbitraire; il devient par suite difficile
de déterminer la portée exacte des calculs auxquels s'adonnent les Philosophes Inconnus. |
Abordons maintenant l’Apocalypse Hermétique.
Elle met en scène un aveugle chez qui s'éveille le désir d'obtenir le sens de la vue. Il souffre au
milieu des ténèbres, si bien qu'il pleure et prie. Alors il perçoit une odeur suave, tandis qu'il est
ravi du sol où il reposait» Il y a donc dégagement psychique, ou sortie en corps astral» comme
disent les occultistes. Dans cet état, des bruits menaçants sont entendus ; ils inspirent la terreur,
font couler des larmes plus abondantes et prier avec ferveur. Résultat : la lumière est accordée.
Elle s'obtient, si non à la première, du moins à la seconde réquisition. Il n'est pas nécessaire de
la conquérir par soi-même péniblement, en surmontant une série d'obstacles : il suffit de la
désirer avec ardeur, de pleurer et de la solliciter avec insistance de la divinité.
Les épreuves cependant sont inévitables. Ne les ayant pas subies avant d'avoir été gratifié de la
vue spirituelle, il faut s'y soumettre après. La soumission n'est même pas volontaire, comme
dans l'Initiation dorienne, mais elle s'impose, sans que l'on puisse y échapper.
C'est ainsi que l'aveugle, qui subitement voit clair, mesure avec terreur l'abîme qui s'ouvre sous
ses pieds. La crainte l'envahit, et il se demande s'il n'aurait pas mieux fait de ne pas ambitionner
la lumière. Mais il est trop tard; il ne lui reste plus, maintenant, qu'à plonger dans la mer du haut
du rocher qui la surplombe. Jamais, de lui-même, il aurait ce courage, aussi faut-il qu'un éclat
de pierre le blesse au talon pour lui faire perdre l'équilibre.
Comme il sait nager, notre homme en est quitte pour un bain forcé. Il ne tarde pas à gagner une
digue qui défend contre les flots un jardin délicieux. Pour franchir cet obstacle, il est aidé par un
enfant ingénu, qui l'engage aussitôt à se dévêtir entièrement. Il s'agit de revenir à l'état de
nature» de candeur et d'innocence indispensable pour pénétrer dans l'enceinte paradisiaque.
C'est la purification par l'Eau, combinée avec le dépouillement des métaux de l'Initiation
dorienne, épreuves qui ont ici pour but de transformer l'imagination en un miroir reflétant
fidèlement les images de la lumière astrale.
Trois chemins s'offrent ensuite conduisant, l'un au blanc, l'autre au vert et le dernier au bleu.
Ces couleurs semblent se rapporter à Diane ^lucidité, intuition, divination), à Vénus
{gouvernement du fluide vital, magnétisme, médecine occulte) et à Jupiter (haut mysticisme,
sainteté, théurgie).
Le disciple, étant incapable de choisir, se i)e à l'oracle du papillon cl se détermine pour le
chemin vert, donc pour le maniement des courants vitaux, si ma conjecture est exacte.
L'enfant, disons l'ingénuité, conduit notre homme jusqu'en vue d'un labyrinthe accessible par
sept portes, dont une seule conduit à la vie. Il s'agira de la trouver, non sans passer par sept
degrés d'expiation.
Le disciple peut, d'ailleurs renoncer à l'entreprise et revenir au paradis ; mais il n'y jouira que
d'un bonheur éphémère, car il ne tardera pas à en être chassé.
Livré à lui-même, il fait le tour du labyrinthe, dont toutes les portes se ressemblent. Près de
l'une d'elles, il interroge un homme immobile, qui, pour toute réponse, lui donne un soufflet,
immobilisant ainsi le questionneur, tandis que lui-même se hâte de franchir la porte voisine.
Ce remplacement d'un homme par un autre est singulier, non moins que l'immobilisation qui
dure trois ans. Pendant ce stage, des êtres fantastiques défilent devant le voyant ; ils
correspondent aux esprits élémentaires ou à des entités plus équivoques encore. Finalement, un
nouveau questionneur s'étant présenté, le rite du soufflet se répète avec les mêmes
conséquences.
Il ne peut s'agir là que de traditions qui se transmettent, en vue d'un entraînement approprié du
système nerveux et de l'extériorisation du fluide vital.
Devenu libre, le disciple aborde le labyrinthe, où il est admis après avoir été revêtu d'un
manteau. Il y fait ses premiers pas rituéliquement, puis on lui sert trois sortes d'aliments
destinés à réparer ses forces.
Le voilà désormais appelé à exercer sa puissance, tout en s'inspirant de quatre tableaux
allégoriques qui s'offrent à sa vue.
Le premier lui apprend qu'il faut avoir le cœur pur, être simple et confiant, pour puiser à
discrétion dans le courant régénérateur de la nature.
Le second met en garde contre la négation et le scepticisme qui réduisent à l'impuissance la plus
riche expérience et le savoir le plus profond.
Le troisième montre le caprice, la fantaisie, l'imagination, nourrissant l'ardeur desséchante, en
vue de réaliser l'androgyne philosophique, à là fois rationaliste et mystique, raisonneur et
voyant.
Quant à la quatrième peinture, elle fait allusion au déluge spirituel, submergeant tout sous la
montée incessante des opinions passionnées. La vérité^ impartiale flotte sur les vagues ignées,
appas des nageurs intrépides.
Mais une jeune femme séduisante l'attire. Il s'enflamme pour elle et s'élance dans ses bras, tout
en rejetant le manteau qui aurait dû l'isoler et lé mettre à l'abri des entraînements sensuels.
Croyant ensuite pouvoir ouvrir impunément le livre du Mystère, il se trouve frappé au front par
un homme vêtu de noir, qui le renverse ainsi par trois fois, s'étonnant de le voir sans manteau.
Polir aller à la recherche de ce vêtement indispensable, le disciple est conduit jusque dans une
forêt, où il est abandonné seul, nu et sans défense.
Il lui faut alors se frayer une route à travers des fourrés habités par des animaux féroces, qui ne
l'épargnent qu'en raison de l'orage épouvantable qui éclate et les terrifie autant que lui-même»
Cette épreuve n'est pas sans analogie avec le premier voyage de l'Apprenti-Maçon5
. Elle oblige
à résister aux forces extérieures, et enseigne à paralyser les instincts pernicieux. Marchant en
5 Il convient aussi de se reporter à L’Enfer du Dante, le poète ne parvenant à la porte fatale interdisant tout espoir à ceux qui entrent, qu'en traversant l'effroyable forêt
de l'ignorance et du vice, Un lion (ambition) et une louve (avarice) l'arrêtent sur son chemin.

avant avec persévérance, en dépit de tous les dangers, le voyageur finit par rencontrer un sentier
qu'il reconnaît. Il le suit, et se trouve ainsi ramené au jardin situé au bord de la mer. Là, il
constate avec douleur la mort de l'enfant qui, au début, lui avait servi de guide.' C'est en vain
qu'il met tout en œuvre pour lui rendre la vie ; il ne lui reste plus, finalement, qu'à l'ensevelir.
Il lui est ensuite impossible de s'éloigner du tombeau dé l'enfant, auprès duquel il lui faut
dormir. Au réveil, il constate avec stupeur que sur la tombe se dresse une branche verte, autour
de laquelle s'enroule un serpent. S'armant, cette fois, d'un courage qu'il a dû acquérir en
traversant la forêt, ce disciple tue le serpent et ressuscite ainsi l'enfant, personnification de
l'ingénuité qu'il faut savoir retrouver après l'avoir perdue, l'adepte devant unir à la virilité, à
l'expérience acquise, la candeur impressionnable des cires réintégrés dans les conditions
primitives de la vie édenale.
Le manteau, n'étant pas retrouvé, le disciple se résoud à retourner au labyrinthe; mais, cette fois,
en prenant la route qui conduit au blanc (clairvoyance, illumination intellectuelle).
L'escalier a sept marches, qu'il ne tarde pas à gravir à l'instigation de son guide, est connu des
Compagnons. Il représente pour eux les différents ordres des connaissances humaines, dont ils
ont à s'instruire. Mais, tandis qu'ils ne s'assimilent la science que lentement, un esprit intuitif
peut arriver très rapidement à une synthèse lumineuse. La difficulté, pour le voyant, n'est pas de
monter, mais de redescendre, en partant du bon pied et en marquant les arrêts voulus.
Il s'agit ensuite de combattre l'homme, armé qui délient le manteau, afin de rentrer par la
vaillance en possession de ce vêtement perdu en succombant à la séduction féminine.
Mais voici le disciple abandonné pour la seconde fois en vue du labyrinthe. Il va frapper à la
porte la plus proche, mais elle reste fermée. A ce moment, survient un vieillard monté sur un
chameau. Je reconnais dans ce mage la tradition orientale qui fournit la clef nécessaire. Il entre
dans le labyrinthe avec son cortège, auquel se joint le voyant.
Ce vieillard est ensuite mis à mort, après avoir été attaché à l'une des deux colonnes qui se
dressent dans une grande salle triangulaire.
Cela veut dire que le rationalisme de ceux qui n'ont reçu leur salaire qu'auprès de la colonne J :.
est destructif pour la tradition. Le voyant paraissant avoir des lumières que les meurtriers ne
possèdent pas, il est logique de leur part de lui imposer la succession du vieillard.
Mais le futur Philalèthe ne songe qu'à ranimer celui-ci. Il le délie, mais constate qu'il a été
frappé mortellement. Il se considère alors comme autorisé à s'emparer des insignes du vieillard
et des documents qu'il trouve sur lui. Le véhicule de la tradition, le chameau, est à ce moment
dévoré par un lion furieux. Peu importe, puisque les trésors intellectuels sont tombés en bonnes
mains.
Il faut maintenant que les notions traditionnelles acquises soient approfondies. Pendant sept
jours et sept nuits, notre Philalèthe marche comme dans un nuage de fumée très épaisse. Il
rencontre alors un centre d'où jaillissent circulairement des étincelles. Il ne peut approcher, mais
consent à livrer son manteau, qui lui est rendu réduit en cendres. Cela signifie qu'il n'a plus à
redouter les influencés extérieures ; c'est l'épreuve du Feu, en tant qu'elle rend perméables les
écorces isolantes de l'individualité.
C'est dans cet état de réceptivité que le labyrinthe est parcouru en tous sens. Près d'une grotte se
montre alors le Lion vert, bien connu des hermétistes. C'est le symbole de la vitalité agissante,
du fluide conquérant dont peut disposer l'adepte, Pour l'instant, le Philalèthe n'en a que la
conception théorique ; il ne se sent pas encore capable de dompter cet animal redoutable, et
passe outre, Par contre, il ne craint pas de cueillir les fruits de l'arbre de la science occulte, et il
n'hésite pas à tuer l'oiseau rapace qui ne doit pas s'en emparer. Les neuf plumes qu'il arrache à
cet oiseau, pour s'en faire une couronne, correspondent à des secrets de pratique magique,
secrets surpris au cours de la lutte contre l'imposture.
Toute convoitise mesquine est interdite au Sage qui aspire à réaliser le Grand Œuvre. Il doit
mépriser les richesses périssables et ne chercher en rien son agrément personnel. S'il est
foncièrement dévoué et désintéressé, comme il convient, les neuf plumes plantées dans ses
cheveux tomberont à terre, pour se transformer en colonnes recouvertes d'inscriptions
instructives. Ce sont les secrets pratiques conduisant à tout un ensemble de sciences
mystérieuses. L'adepte est tenu d'étudier longuement ces sciences, dont l'une se refuse à son
intelligence encore insuffisamment affinée. Il parvient cependant à saisir des lois d'ensemble, et
cette synthèse lumineuse fait fondre les distinctions artificielles.
Devenu libre, il marche vers l'Orient, recherchant les causes productrices, les vérités
génératrices. Il avance en vertu du ternaire syllogistique, puis il contrôle expérimentalement à
droite et à gauche, sans hésiter à revenir parfois sur ses pas. Des chutes fréquentes ne le
découragent pas ; chaque fois il se relève, poursuivant inlassablement sa route.
Finalement il passe sous une voûte, tandis qu'un bandeau se pose sur ses yeux. La voûte
franchie, le bandeau tombe et le Philalèthe se trouve en pleine lumière, ayant à sa droite l'enfant
secourable, et à sa gauche le vieillard ressuscité.
Lui ayant imposé le silence, ses compagnons le conduisent auprès du Chandelier à sept
branches, pour lui expliquer le rôle des sept planètes, envisagées comme les causes secondes de
l'Univers. Le vieillard s'étend, en outre, sur les vertus kabbalisliques des Nombres, pour en faire
ensuite application à l'Astrologie.
L'instruction reçue permet à l'adepte de se transporter dans le foyer même de la lumière
intellectuelle, où il ne saurait se trouver seul, en son état ordinaire de conscience, car l'enfant et
le vieillard l'accompagnent. Ce sont les personnifications de deux autres états de conscience,
l'un (enfant) relevant de l'instinct, et l'autre (vieillard) se rapportant à une sorte de mémoire
ancestrale.
Grâce à cette extension de la personnalité, l'adepte communique avec la grande Isis et devient le
confident de tous ses secrets. Dos génies se manifestent à lui et l'instruisent de tout ce qui
l'intéresse. Le Philalèthe contracte même une alliance avec l'un de ces êtres supérieurs, qui ne
se sépare plus de lui, et auquel il s'abandonne entièrement.
Ce guide occulte réclame les cendres du manteau brûlé, afin de les soumettre à l'action du feu
dans un creuset. Il fait prendre ensuite à son protégé un bain de sang humain, destiné sans doute
à lui permettre de s'assimiler l'énergie vitale d'autrui.
Mais la force acquise ne donne pas accès dans le laboratoire où la nature opère ses
métamorphoses. Pour y être admis, il faut apprendre à discerner les vertus des corps célestes,
afin d'agir toujours en concordance avec ce qui est dans l'ordre universel des choses. Celui qui
est irrévocablement déterminé à ne jamais contrevenir à cet ordre parvient seul à ouvrir le grand
livre du Mystère, le livre énigmatique ne renfermant que des symboles, dont nul, hors le vrai
Sage, ne connaît la portée.
Après de longues années d'études silencieuses, le Philalèthe est conduit auprès d'une grosse
pierre, supportant une lampe et une coupe. La coupe lui permet de boire à une fontaine ; quant à
la lampe, elle guide ses pas vers un vaste bassin rempli de vif-argent. Le Génie précipite alors
son protégé dans ce mercure et l'oblige à y rester pendant trois jours, Le laboratoire est ensuite
ouvert au Philalèthe ; mais le feu s'y est éteint : il faut donc le rallumer.
Une dernière épreuve reste cependant encore à subir : celle du Feu destructeur de tout ce qui est
étranger à l'essence même de la personnalité.
Cette fois, la volonté de l'homme devient souveraine, parce qu'elle n'est plus influencée par
aucun caprice individuel, et qu'elle ne s'exerce qu'en accord parfait avec la volonté universelle.
Tel est le terme de toute Initiation, qu'elle soit dorienne ou ionienne, masculine ou féminine,
hermético-.maçonnique ou. mystico-religieuse.
Ce qui précède est fort loin d'élucider tous les points obscurs d'un texte sur lequel? L’auteur
n'était peut-être pas lui-même absolument au clair, Quand on écrit sous l'inspiration d'un «
Supérieur Inconnu » dématérialisé, on n'est pas forcé de se comprendre soi-même,
L'Apocalypse hermétique a d'ailleurs tous les caractères d'une composition inspirée ; c'est
l'œuvre d'un médium cultivé, comme les écoles mystiques tendent tout naturellement à en
former.
Je n'entends point par là déprécier les pages qui suivent! au contraire : j'estime qu'elles méritent
d'être très soigneusement étudiées. L'Occultiste averti pourra y puiser de précieux
renseignements. Le Franc-Maçon partisan de l'initiation de la femme devrait tout spécialement
les méditer ; mais elles se recommandent par-dessus tout à l'historien qui veut se faire une idée
de la 'mentalité mystique de la fin du XVIIIe siècle, Rien ne jette peut-être plus de lumière sur
les doctrines secrètes des disciples de Swedenborg, de Martinès de Pasqually et de Claude, de
Saint-Martin.
Ne serait-ce qu'à ce titre, le Grand Livre de la Nature devait être rendu accessible aux nombreux
amis de la Vérité, qui la cherchent inlassablement, comme de sincères et authentiques
Philalèthes.
Paris, février 1910,
OSWALD WlRTH.


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MessagePosté le: 2017-11-29, 20:40    Sujet du message: Publicité

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